Journée africaine de lutte contre la corruption : le REN-LAC invite les autorités à l’adoption de textes portant protection des lanceurs d’alertes, dénonciateurs et témoins d’actes de corruption au Burkina Faso

Dans ce message publié, ce 11 juillet, à l’occasion de la journée africaine de lutte contre la corruption, le Secrétariat exécutif du REN-LAC interpelle le gouvernement à rendre effective la lutte contre la corruption à travers des mesures concrètes pour endiguer le phénomène. L’organisation plaide notamment pour l’adoption de textes portant protection des lanceurs d’alertes, dénonciateurs et témoins d’actes de corruption au Burkina Faso.

Ce mardi 11 juillet est commémorée, à travers le continent, la 7ème édition de la journée africaine de lutte contre la corruption. Cette journée a été instaurée, en 2019 par l’Union africaine, afin d’inciter les différents gouvernements à marquer, chaque année, une halte pour réfléchir à l’état de la lutte contre la corruption dans leurs pays. La date a été retenue en souvenir de l’adoption, le 11 juillet 2003 à Maputo, de la convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption. Un des objectifs de cette convention est de promouvoir et de renforcer la mise en place, par chacun des États parties, de mécanismes nécessaires à la prévention, à la détection, à la répression et à l’éradication de la corruption et des infractions assimilées dans les secteurs public et privé.

Un phénomène toujours endémique sur le continent

La commémoration de cette 7ème journée intervient dans un contexte de corruption endémique sur le continent africain, avec des répercussions économiques et sociales désastreuses. La persistance du phénomène dans la plupart des États sape les efforts consentis pour relever les différents défis de paix, de sécurité et de développement auxquels ceux-ci sont confrontés.

Selon le dernier rapport sur l’Indice de Perception de la Corruption 2022, publié par l’ONG Transparency international en janvier 2023, le score moyen de l’Afrique subsaharienne est de 32 sur 100. Sur 49 pays évalués, seuls cinq ont obtenu un score supérieur ou égal à 50, c’est-à-dire la moyenne requise pour être dans un niveau considéré acceptable.

Avec 42 points obtenus en 2022, notre pays, le Burkina Faso, reste encore bien loin de la moyenne en dépit des avancées législatives constatées.

Cette situation dénote avant tout d’un manque de volonté politique réel au sommet de l’État à gouverner par l’exemple et à sanctionner les délinquants en col blanc qui jouissent d’une certaine impunité. Ce manque de volonté politique se traduit aussi par la non-adoption à ce jour des décrets d’application de la loi N°051 portant droit d’accès à l’information publique et aux documents administratifs, alors qu’il est admis que l’accès effectif à l’information demeure un des éléments clés de la lutte contre la corruption.

Renforcer les actions des contre-pouvoirs

Compte tenu de cette situation, la présente journée apparaît comme une opportunité d’interpeller une fois de plus le gouvernement à rendre effective la lutte contre la corruption, non pas dans les discours mais dans les actes. Des mesures concrètes doivent être prises pour endiguer le phénomène et empêcher ainsi la dilapidation de nos ressources publiques. Les richesses naturelles ne doivent surtout pas être bradées au nom de la recherche d’argent pour financer la guerre. Bien au contraire, le contexte exige plutôt une gestion rigoureuse et efficiente des finances publiques pour répondre non seulement aux objectifs globaux de sécurité, mais aussi relever les défis de développement socio-économiques du pays.

Par ailleurs, la législation mériterait d’être renforcée dans le secteur de la commande publique pour ériger la mauvaise exécution en infraction lourdement punissable et engager systématiquement la responsabilité disciplinaire et pénale de tous les acteurs de la chaîne.

Cette journée est aussi l’occasion d’inviter nos autorités au respect de leurs engagements en matière de lutte contre la corruption en œuvrant notamment pour l’adoption de textes portant protection des lanceurs d’alertes, dénonciateurs et témoins d’actes de corruption.

C’est le lieu enfin d’appeler la société civile œuvrant dans le domaine de la bonne gouvernance, les journalistes et les citoyens de manière générale à renforcer leurs actions de veille citoyenne pour plus de transparence et de redevabilité dans la gestion des affaires publiques.

Fait à Ouagadougou le 11 juillet 2023

Le Secrétariat exécutif

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CIC

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